Qu’est-ce qui influence le diagnostic radiographique ?

La radiographie est un outil diagnostique essentiel en médecine des animaux de compagnie. Que ce soit lors de suspicion d’insuffisance cardiaque, de corps étranger digestif ou de fracture osseuse, la radiographie permet d’obtenir rapidement des informations précieuses servant à guider la gestion thérapeutique de nos patients. Elle ne remplace pas l’échographie, la tomodensitométrie (CT scan) ou l’IRM dans plusieurs situations, mais une fois ses limites bien comprises, la radiographie permet au vétérinaire généraliste ou au spécialiste consulté de confirmer ou d’infirmer plusieurs diagnostics potentiels.

Trois facteurs d’impact sur le diagnostic radiographique

Le positionnement de l’animal sur la table exerce un impact majeur sur le potentiel diagnostique des radiographies. En effet, les distorsions et effets de superposition peuvent limiter la visualisation des structures et les modifier au point tel qu’un faux diagnostic peut être posé. Certaines lésions peuvent même être complètement masquées… Des radiographies obtenues en positionnant l’animal de manière optimale favorisent ainsi un diagnostic plus précis. Reconnaître ce qui représente un positionnement optimal n’est pas toujours facile… L’équipe d’Animages travaille sur un recueil de matériel didactique imagé qui sera partagé à toute la communauté vétérinaire lorsque finalisé. D’ici là, vous pouvez consulter les fiches de positionnement radiographique dans notre section Animageurs en herbes.

Centrage et collimation pour une projection latérale gauche du thorax d'un chien

Outre ce positionnement, il faut aussi souligner l’importance de la qualité des images numériques reçues. En effet, ce n’est pas parce que l’animal est bien positionné que l’image radiographique sera forcément optimale pour l’interprétation. La perception subtile des structures normales et anormales peut être grandement affectée lors d’exposition inadéquate ou lorsque le système numérique (ou l’appareil qui émet les rayon-X) n’est pas optimal (problème de calibration, fluctuation de courant, plaque à faible sensibilité aux rayons-X ou à faible résolution).

Les images ci-bas suivantes mettent en relief certains de ces problèmes. Une sous-exposition radiographique (ex. kVp et/ou MAs trop bas pour la région imagée) aura pour effet de limiter la pénétration des structures plus denses (ex. os, voir image #1). Aussi, un nombre insuffisant de rayons-X atteignant le détecteur (plaque numérique) produira davantage de bruit sur l’image qui sera alors affectée. Le résultat sera une image plus granulaire, similaire à si vous aviez pris une photo de nuit avec votre vieil iPhone. Une telle granularité peut aussi apparaître si la plaque numérique est peu sensible (voir image #2), même à exposition adéquate.

Une sur-exposition aura pour effet de « brûler » certaines zones peu épaisses ou de faible atténuation radiographique comme les poumons, faisant disparaître tout détail dans la zone affectée (voir images #3 et #4).

La manière dont le système numérique traite les images avec des filtres peut aussi modifier la perception des détails. Un filtre qui accentue excessivement les contours accentue la démarcation des contours, pouvant par exemple faire surestimer un épaississement bronchique (voir image #6).

Une image floue peut s’expliquer par un mouvement du patient durant la période d’exposition, mais aussi par un capteur à faible résolution (voir images #7 et #8)

Finalement, plusieurs artéfacts peuvent aussi affecter la qualité des images. Ces artéfacts qui apparaissent souvent comme des lignes ou des petits points blancs (voir image #2) peuvent provenir de débris denses à l’extérieur du patient (ex. sur la table), de débris dans un lecteur de cassette numérique, d’un bris dans le capteur numérique (plaque ou cassette) ou d’une autre cause.

En plus du positionnement de l’animal et de la qualité des images ayant un impact majeur sur l’interprétation radiographique, il est important de souligner un 3e élément essentiel: la qualité des informations disponibles au moment d’interpréter des radiographies.

En effet, qu’il s’agisse d’un thorax, d’un membre pelvien ou d’un abdomen, la qualité des informations fournies est souvent proportionnelle à celle du rapport du radiologiste. En voici les principaux éléments:

  • Anamnèse précise mais concise.
  • Données cliniques pertinentes au cas: auscultation cardiaque, examen orthopédique, traitements administrés, évolution des signes cliniques, etc.
  • Question clinique: que cherchez-vous à confirmer ou à exclure ? (cette dernière question est primordiale au radiologiste pour s’assurer qu’il ou elle puisse y répondre au mieux possible dans son rapport).

Que ce soit pour un chat avec difficulté respiratoire (image de gauche) ou pour chien avec boiterie chronique (à droite), voici le type d’informations pertinentes à considérer lors de votre interprétation radiographique et à fournir au radiologiste qui doit analyser vos radiographies à distance.

Vous voulez mettre toutes les chances de votre côté pour un diagnostic radiographique fiable ? Voilà les trois étapes à suivre !

Vous avez des questions techniques, écrivez-nous à telerad@animages.ca !

Cette entrée a été publiée par Marc-Andre d'Anjou.

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