L’exposition est importante, même avec le numérique !

Réponse à l’article initial « C’est quoi le problème ?« .

Les capteurs numériques ont besoin de signal pour bien représenter l’échelle de gris des différentes structures abdominales. Ce signal varie en fonction du niveau d’exposition et donc directement relié aux nombres de rayons X qui atteignent la plaque numérique.  Or, pour chaque système numérique, il existe un « bruit de fond » qui devient plus apparant si le signal est insuffisant.  Ce « bruit » se manifeste par une « granularité » accentuée, laquelle devient plus évidente dans les régions homogènes de l’image, comme dans les tissus mous sur la radiographie obtenue.  Le ratio signal-sur-bruit (ou signal-to-noise ratio – SNR) permet de mesurer si ce signal est suffisant. En doublant les mAs pour obtenir la 2e radiographie, les gris sont plus homogènes, permettant de mieux distinguer des différences d’opacité plus subtiles

Le bruit se manifeste partout dans notre quotidien rempli de capteurs numériques. Si vous prenez une photo à faible lumière, comme ce très joli autoportrait, le bruit se manifestera par l’apparition de petit picots rouges, vert et bleus (en mode couleur).

La capacité de capter et de transformer les rayons-X en signal probant est aussi variable entre les systèmes, ce qui explique dans bien des cas pourquoi certains systèmes sont plus coûteux et plus performants.  En général, les systèmes DDR (direct digital radiography) sont les plus performants pour capter et convertir le signal, en autant que les plaques aient bien été construites. C’est pour cela aussi que j’ai remplacé ma caméra Canon rebel pour une 50D puis pour une 7D (en rêvant à la 5D Mark III), et que je ne devrais pas prendre des photos de moi dans le noir avec mon iPhone 😉

Pour compléter la réponse au quiz précédent, une surexposition en numérique aurait eu pour effet de « brûler » certains régions anatomiques (les plus minces ou les moins atténuantes) en les rendant toutes noires. Ça peut expliquer parfois pourquoi certaines régions du poumons apparaissent complèment noires. Il est vrai qu’une technique à haut kVp fait diminuer le contraste. Ce n’était toutefois pas le problème de la première image et sachez que le numérique est beaucoup moins affecté par des variations de kVp comparativement au film conventionnel, même s’il est quand même. Finalement, le flou que certains ont imaginé – hey,  vous êtes ici pour ça après tout ! – a probablement été créé par le bruit qui a réduit le détail de l’image, surtout aux bordures des tissus et des os.

En toute fin, la morale de l’histoire est la suivante: Si vous possédez ou chercher à posséder un système numérique, la qualité du système sera un gros facteur, mais le travail ne sera pas terminé là! Vous devrez vous assurer d’avoir une charte fonctionnelle pour fournir le signal adéquat au détecteur en fonction de l’épaisseur des tissus exposée. Pour certains systèmes moins sensibles (avec un SNR de base plus bas), vous devrez peut-être ajuster à la hausse cette charte pour augmenter l’exposition (en doublant les mAs à chaque épaisseur par exemple).  Dans certains cas, ça voudra aussi dire qu’il vous faudra changer de générateur (pour un haute fréquence) afin de maximiser l’exposition.

Cette entrée a été publiée par Marc-Andre.

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