Les propriétaires de Tiny s’inquiètent. Elle s’est échappée il y a quelques semaines au Central Park de New York et depuis son retour, elle tourne en rond et amasse tous les arbustes qu’elle peut trouver pour en faire un nid (qui atteint maintenant 10 mètres de haut dans leur petit jardin de la Fifth Avenue qui n’en fait que 5 de large).
Éric Norman Carmel, spécialiste en imagerie des exotiques, a été appelé sur les lieux…
Il s’est servi de sa toute nouvelle sonde échographique de 0,1 MHz qu’il a bricolée dans son garage.
– [Note de la rédaction: cette animagination fut provoquée par la visualisation d’un petit caillot de débris cellulaires et de cristaux dans une vessie de chat bloqué.]Il était une fois Benoit, un siamois mâle opéré de 11 ans, référé pour une échographie abdominale dans le but d’investiguer une perte d’appétit et une léthargie durant depuis maintenant 3 à 4 semaines, le tout ayant débuté par des vomissements projectiles. Les vomissements persistent depuis. L’examen démontre que Benoit est abattu, déshydraté et inconfortable à la palpation abdominale. Son profil sanguin n’indique alors qu’une légère anémie (HT 27%) avec une légère hausse des bilirubines totales et une légère baisse des protéines totales (alb/glob = 30/26). L’examen échographique de l’abdomen révèle, entre autres, un phénomène obstructif, impliquant le jéjunum, associé à une lésion pariétale focale, circonférentielle et sténosante (image ci-dessous). La paroi affectée est hypoéchogène et il y a perte de distinction de ses couches. Cranialement il y a accumulation d’ingesta (signe du gravier) et hypertrophie de la musculeuse intestinale indiquant ainsi une lésion chronique et progressive. Caudalement l’intestin est vide de contenu. Ces changements sont accompagnés d’une légère lymphadénomégalie régionale.
L’histoire de Benoit se poursuit en chirurgie ou la lésion est excisée (entérectomie jéjunale segmentaire) et soumise pour analyse histopathologique.
Cette analyse confirme la suspicion échographique d’adénocarcinome intestinal. Cette suspicion échographique était principalement basée sur la caractéristique sténosante de la lésion et l’altération «centripète» de la paroi plutôt que la présence d’une «masse» clairement définie. L’apparence macroscopique de la lésion lors de la chirurgie ne laisse d’ailleurs aucunement suspecter une masse sous-jacente à l’origine de cette obstruction d’où l’importance de l’analyse histopathologique.
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L’exploration chirurgicale a confirmé une hernie diaphragmatique dans l’hémithorax gauche, dont l’origine congénitale ou traumatique n’a pu être précisée. Même si un traumatisme n’est pas relevé dans l’anamnèse, cette cause demeure plausible. En effet, les traumas sont la cause principale (85%) des hernies diaphragmatiques, même si ceux-ci ne sont connus par les propriétaires que dans 50 % des cas1. Les hernies congénitales représentent quant à elles 15 % des hernies diaphragmatiques. La fissure chez ce patient se trouvait en portion dorsolatérale de l’hémidiaphragme gauche. La rate, l’omentum, le rein gauche, le bras gauche du pancréas, une portion du colon, le jéjunum, l’iléon, le caecum et une portion du duodénum ascendant étaient herniés dans le thorax. La rate était adhérée au médiastin et à la paroi thoracique, signifiant une certaine chronicité. Des points de rétention ont été mis en place sur le diaphragme et les adhérences ont été réduites. (Sur les images ci-bas: C=côlon, R=rate, SC= silhouette cardiaque, E=estomac, *=lumière de segment de petit intestin. La flèche pointe vers la bronche tronquée du lobe cranial gauche atélectasié.)
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Quelques infos utiles sur les hernies diaphragmatiques
Le diaphragme est composé d’une portion centrale tendineuse et d’une portion périphérique musculaire. Il s’attache grâce à deux piliers à la paroi thoracique ainsi qu’à certaines vertèbres lombaires (L3 et L4). Le diaphragme permet le passage de certaines structures grâce aux hiatus aortique (aorte, veine azygos, canal thoracique) et oesophagien (œsophage, nerf vague), et au foramen caudal (veine cave caudale).
Lors d’hernie diaphragmatique traumatique, ce sont les portions périphériques musculaires qui cèdent sous la pression. Cela permet le passage de structures abdominales dans le thorax. Les organes les plus souven herniés sont (en ordre de fréquence) : le foie, le petit intestin, l’estomac, la rate et l’omentum.1
Elle peuvent engendrer plusieurs signes cliniques (dyspnée, douleur, vomissements, régurgitations), mais peuvent aussi demeurer relativement silencieuse en fonction de l’ampleur de la brèche et du type et du volume des structures herniées.
Les signes radiographiques peuvent inclure la présence de viscères dans le thorax, la perte des contours bien définis du diaphragme, un épanchement pleural, le déplacement de la silhouette cardiaque et des poumons (le plus souvent crânialement). Dans un cas où les radiographies ne permettraient pas de poser le diagnostic, du baryum peut être administré oralement (ou par le rectum) pour de localiser l’estomac, le petit intestin et/ou le côlon.
Les autres types d’hernies inclus les hernies hiatale (glissante ou statique) et péritonéo-péricardique (défaut de séparation entre le péricarde et le diaphragme, permettant une communication entre l’abdomen et le sac péricardique).
Préparé par: Virginie Perreault, étudiante 5e, promo 2015 FMV
Le cartilage de l’oreille externe donne parfois lieu à toutes sortes d’animaginations en tomodensitométrie. Notre ami Julien Olive, radiologue à CHV St-Martin en France et récemment diplômé d’une résidence en imagerie à la faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe, en a récemment vécu deux en scannant la tête d’un chien. On savait déjà qu’il imaginait des têtes chevalines un peu partout avant son séjour chez nous. Mais nous ignorions que l’orignal – où l’élan d’Amérique – était maintenant rentré dans sa tête ! Est-ce l’effet secondaire d’une overdose de poutine ?!
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La structure de forme plus ou moins cubique (flèches) d’opacité minérale avec avec petites bulles de gaz au centre vous a laissé perplexe ? Eh bien nous aussi ! Quelques segments intestinaux remplis de liquide et d’air (têtes de flèches) trahissaient un certain degré d’iléus. AP, antre pylorique. CD, côlon descendant. Notez l’irrégularité du centre d’ossification secondaire (COD) d’une aile iliaque légèrement oblique et un os pénien (OP) incomplet !
En raison des signes cliniques de vomissements répétitifs, une chirurgie a été recommandée. Qu’a-t-on trouvé ?… un dé !! Sachez que Vegas s’en ai bien sorti, le chanceux ! 🙂
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Il n’y a pas que les hurluberlus adultes qui font preuve d’animagination. En fait – soyons bien honnêtes – ce sont les enfants qui sont les plus doués en la matière. Le dessin ci-bas provient de Magalie, la fille de mes bons amis du Nouveau-Brunswick, que j’ai vu grandir et devenir une artiste accomplie. L’année prochaine, je l’encourage, comme les autres enfants, à soumettre leurs oeuvres au concours de dessin pour souligner la Journée de la Stérilisation Animale au Québec. Pour voir les meilleurs dessins soumis et primés, cliquez ICI.
Pour cette toute nouvelle chronique, nous invitons les étudiants à nous soumettre des cas intéressants, intrigants, voire époustouflants rencontrés durant leurs stages de formation.
Cette semaine, c’est Virginie Perreault – étudiante de 5e année de la FMV St-Hyacinthe en stage avec nous – qui nous raconte une histoire…
Chucky, un bichon maltais mâle castré d’un an est présenté pour diarrhée hémorragique et anorexie depuis 24 hres. Les propriétaires ajoutent que depuis quelques temps, il semble inconfortable peu importe la position qu’il adopte et qu’il est beaucoup plus tranquille qu’à l’habitude. Il avait été vu chez son vétérinaire habituel 5 mois plus tôt pour un épisode d’inconfort semblable. En effet, la cliente avait noté à ce moment que le chien avait le souffle court et qu’il semblait douloureux puisqu’il marchait le dos arrondi. Sa vaccination est complète, il n’est pas en contact avec d’autres chiens et n’a pas tendance à manger autre chose que sa nourriture.
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