
Les pneumopéritoines peuvent être aussi impressionnants que celui-ci. Lorsque sévères, une rupture gastrique – par corps étranger, ulcère perforé ou bris spontané d’une lésion tumorale ou nécrotique – doit d’abord être suspectée. Voici la projection latérale chez ce chat dont le diagnostic final n’a pas été clarifié. Remarquez l’augmentation de visibilité du contour des structures abdominales et la démarcation du diaphragme et de la paroi abdominale ventrale, tous séparés par une opacité gazeuse. Les reins sont repoussés dorsalement, mais restent entourés de gras et non de gaz, comme ceux-ci sont séparés des autres structures par le péritoine ! On note finalement un iléus gastrointestinal diffus vraisemblablement d’origine fonctionnelle (péritonite, douleur, etc.).

Animages, c’est la petite histoire de trois hurluberlus sur la même longueur d’onde en quête de radiotransparence. Comme la vie est remplie d’opacités confondantes et d’images construites, cette quête semble loin d’être terminée ! Et aujourd’hui, c’est le résultat de vos visites qui confirme que cette expérience a sa raison d’être ! Vous aurez été jusqu’à présent des milliers de visiteurs de 91 pays différents à venir faire un p’tit tour sur notre blogue. Maintenant, on vous lance le défi d’en parler à tous vos amis et collègues susceptibles de vouloir joindre Animages.ca, pour nous dire un peu plus que vous aimez ce que vous voyez, lisez et entendez (en attendant de pouvoir un jour vous faire sentir des choses… ;-)).
Animages, parce que les images méritent d’être vécues, et véhiculées !

Signalement: Chihuahua mâle entier de 2 mois.
Présentation clinique: A été adopté il y a 2 semaines et depuis ce temps vomissements réguliers selon les propriétaires.
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Voici la création d’un artiste-physicien rempli d’animagination. Pour en découvrir plus, cliquez ICI.
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Des étudiants en médecine de la très sérieuse Harvard Medical School nous expliquent (enfin) à quoi sert la rate grâce à une parodie hilarante du vidéo de l’année sur Youtube, la chanson What Does the Fox Say ? du groupe norvégien Ylvis.
Merci au Dr Édouard Maccolini pour le lien.

Certains chiens n’arrivent pas à se départir de leur balle. En voici un exemple troublant. Ce chien aurait – sous les yeux des propriétaires – avalé une balle de mousse à l’âge d’un an. Il en a maintenant 10 ! Il aurait vécu avec sa balle dans l’estomac sans problème toutes ces années… Nous l’avons récemment échographié à deux reprises pour des raisons autres pour chaque fois observer une structure parfaitement sphérique et hypoéchogène glisser tout doucement dans l’antre pylorique (il ne manquait que la musique), sans autre anomalie digestive apparente. Comme quoi cette balle, le mucus gastrique qui la tapisse et ce chien ne font qu’un depuis toutes ces années. Un bel exemple de symbiose !
Cette belle illustration vient de Carol Lynn Lyer, dont les affiches – et il y en a plusieurs qui sont jolies ! – peuvent être commandées en ligne.
Pour revoir la question initiale, cliquez ICI.
En examinant de près les radiographies, on remarque un foyer d’ostéolyse dans la plaque terminale caudale de L1 entourée de sclérose. Un second foyer de lyse – quoique plus subtil – semble aussi présent dans la plaque terminale opposée. L’espace intervertébral est rétréci, particulièrement du côté droit et ventralement. Bien que le rétrécissement intervertébral puisse suggérer une hernie discale, la composante de lyse est davantage suggestive d’une discospondylite en phase subaiguë à chronique, soit avant que la réaction osseuse ne devienne évidente. Lors physite septique, la lyse est davantage centrée sur la plaque de croissance du corps vertébral, formant alors un trait radiotransparent longeant la plaque terminale sans l’impliquer (du moins en phase initiale). L’espace discal n’est pas affecté lors de physite non compliquée d’une discospondylite.
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Afin de confirmer cette suspicion et de déterminer si d’autres sites étaient impliqués, une tomodensitométrie (CT scanner) a été réalisée 4 jours suivant le début du traitement médical (Gabapentin 100 mg TID, Deramaxx 12.5 mg SID et Clavaseptin 125 mg BID). Les images produites ont permis de bien souligner la lyse impliquant les plaques terminales de L1-2 (image ci-bas à gauche), tout en identifiant plusieurs autres plus petits foyers lytiques à T1, T13 et L7. Les signes cliniques sont disparus rapidement suivant le début de ce traitement et ont été prolongés jusqu’à l’examen de rappel 6 semaines plus tard. Une nouvelle tomodensitométrie a alors été réalisée, constatant que certaines lésions avaient progressé alors que d’autres avaient régressé (i.e. composante ostéolytique moins prononcée). Le traitement antibiotique (Clavaseptin 125 mg BID) a alors été prolongé pour 4 autres semaines.
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La discospondylite est une inflammation du disque intervertébral et des plaques terminales adjacentes, le plus souvent d’origine infectieuse (bactérienne – Staphyloccus, Streptococcus, Brucella et Eschericial coli, ou fongique). Elle affecte principalement les chiens de grande race d’âge jeune à moyen et peut survenir spontanément ou suivant un foyer infectieux primaire (cystite par exemple). Outre la lyse des plaques terminales (parfois asymétrique), la sclérose et un rétrécissement de l’espace intervertébral, on peut éventuellement remarquer une prolifération osseuse irrégulière et mal définie (phase active) s’étendant ventralement et latéralement à la jonction intervertébrale et parfois une subluxation intervertébrale. La jonction L7-S1 est la plus souvent atteinte, bien que plusieurs autres sites – comme en fait foi ce cas clinique – peuvent être affectés. Il arrive aussi qu’une enflure de tissu mou ou un empyème déborde dans le canal vertébral pour comprimer la moelle épinière, provoquant ainsi des signes de myélopathie transverse. Autrement, on remarque surtout une douleur lors de la palpation de la colonne vertébrale accompagnée de signes systémiques variables.
Le suivi radiographique (ou par CT ou IRM) doit être fait, tout en gardant en tête que les lésions osseuses peuvent progresser malgré une bonne réponse clinique. Mon impression (anecdotique) est qu’on ne devrait pas voir apparaître de nouvelles lésions six semaines après le début de l’antibiothérapie et que celles initialement détectées devraient graduellement se combler de matière minérale et associées à une prolifération davantage qu’à une destruction osseuse. Il est souvent recommandé de prolonger l’antibiothérapie 4 à 8 semaines une fois ces signes radiographiques stabilisés.
C’est l’histoire d’un Mau Égyptien de 14 ans présenté au service d’oncologie pour l’évaluation d’une masse thoracique. Cette patiente tousse de manière occasionnelle depuis 1 à 2 ans mais la fréquence de sa toux augmente récemment (plusieurs fois par jour). Elle est outre mesure en bonne forme et son appétit reste normal. Les radiographies prises par son vétérinaire régulier montrent la présence d’une masse thoracique caudale (images ci-dessous).
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L’examen physique ne démontre aucune anormalité outre une senteur de cigarette qui émane de son pelage. Afin de préciser la nature, l’origine et l’extension de cette masse une batterie de tests a été prescrit incluant une tomodensitométrie thoracique avec ponction à l’aiguille fine de la lésion.
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À la grande surprise de chacun cette masse thoracique, jusque là soupçonnée d’être un néoplasme primaire du poumon, s’est révélée être un lobe hépatique «hernié» dans la cavité thoracique. Cette révélation est apparue notamment suite à l’administration du contraste intraveineux (angiotomodensitométrie) qui a mis en évidence une branche de la veine porte outrepassant le diaphragme pour aller vasculariser la structure thoracique en l’occurrence le lobe hernié (voir image ci-dessus). La forme et le rehaussement anormal du lobe justifiait une analyse cytologique afin de confirmer ou infirmer la suspicion d’une infiltration néoplasique du lobe hernié. La cytologie a plutôt démontrée des hépatocytes avec dysplasie et autres changements bénins (dégénérescence vacuolaire, hématopoïèse extramédullaire, inflammation légère lymphoplasmocytaire). Malgré ces résultats une tumeur hépatique (adénome ou carcinome hépatocellulaire bien différencié) demeure possible et une biopsie serait nécessaire pour compléter l’évaluation. Ce cas est un autre exemple qui prouve que «l’exception justifie la règle» et qui aide à pardonner tout l’arsenal diagnostique parfois déployé pour ne démontrer que…la règle!
Ce chat (que l’on appellera «minou» pour garder, à sa demande, son anonymat) n’aura malheureusement pas eu la même chance que plusieurs de ses congénères. Un écart de conduite qui lui aura été, entre autres, extrêmement douloureux. Une grande malchance si on considère les très faibles probabilités qu’une aiguille puisse se faufiler dans un si petit espace. Comme le disait Pierre Houde en décrivant un but de Kovalev marqué dans un espace restreint au haut de la lucarne (un «top corner» quoi); «le magicien a enfilé l’aiguille»!


